Le 4 septembre 2026, notre propre agent téléphonique n'a prononcé aucune des trois mentions qu'il doit dire en ouverture. Elles ne sont sorties qu'au quatrième tour, après relance. La consigne était pourtant écrite dans son prompt.
Écrire la mention dans le prompt ne suffit pas à la faire prononcer. Ce récit vaut d'abord pour une ligne vocale, où la phrase prononcée est la seule divulgation possible.
Ce que l'article 50 exige, en une phrase, et pour qui
L'article 50 impose d'informer une personne qu'elle s'adresse à un système d'IA, sauf lorsque c'est manifeste. Le texte est le règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024, applicable depuis le 2 août 2026.
L'article s'adresse au fournisseur du système : c'est à lui de le concevoir pour que l'information soit donnée.
L'information est due au plus tard au moment de la première interaction.
Au téléphone, rien n'est manifeste. Pas d'écran : la phrase prononcée est la seule divulgation.
Sur un site, l'interface porte une partie de la charge : notre panneau affiche « Assistant IA — réponses générées automatiquement » en permanence.
Cette mention vit dans la structure du panneau, hors d'atteinte des réglages du client, sur toutes les formules.
La règle est détaillée dans ce que l'obligation de transparence change pour un site français.
Ce que nous avons entendu le 4 septembre 2026 en appelant notre propre numéro
L'appel, sur notre numéro de production, a commencé par « Bonjour et bienvenue chez Parlyo, comment puis-je vous aider ? ». Ni assistant automatique, ni enregistrement, ni urgences. Les trois mentions ne sont sorties qu'au quatrième tour, après relance.
Le journal de l'agent en porte la trace, mot pour mot.
Nos lignes disent trois choses ensemble : qu'on parle à une IA, que l'appel est enregistré, et que le numéro ne traite pas les urgences.
Les deux premières répondent à une obligation d'information — l'article 50 pour l'IA, le RGPD pour l'enregistrement. La troisième est notre propre règle.
C'est la moins discutée et la plus coûteuse. Sur une ligne de cabinet médical qui décroche la nuit, son absence n'est pas une amende.
Aux appels suivants, les mentions sont sorties du premier coup. Le défaut était intermittent.
Une obligation légale tenue un appel sur deux n'est pas tenue.
Pourquoi la consigne était écrite et pourtant pas prononcée
Le préambule des trois mentions vit en tête du prompt système, dans sept langues, et aucun réglage client ne peut l'en retirer.
Le problème n'était pas son absence : elle n'était pas seule à viser la première phrase.
Deux consignes se disputaient le tour d'ouverture
La première phrase d'un appel n'est pas laissée au modèle : un message séparé lui dicte l'accueil du client.
Deux instructions visaient le même tour de parole, et le modèle arbitrait.
Un arbitrage qu'on ne contrôle pas n'est pas une garantie juridique. C'est une statistique.
Allonger le prompt n'est pas gratuit non plus. Une autre consigne, ajoutée le même jour et longue de 1 583 caractères, a gonflé le prompt système de 42 % ; le premier audio, ce jour-là, est monté à 3 672 ms.
Le lien entre les deux n'est pas établi : trois appels ne font pas une mesure.
La sonde qui ne savait pas rougir
Une sonde a été écrite pour reproduire la panne. Elle assemblait le vrai prompt de la ligne et lui demandait sa première phrase : elle obtenait les trois mentions 3 fois sur 3.
Avec l'ancien message, celui de la panne, elle les obtenait aussi.
Une sonde qui ne peut pas échouer sur le défaut qu'elle surveille est décorative.
La raison est mécanique. Le téléphone parle par un modèle audio en direct, la sonde interrogeait un modèle texte.
Ce n'est pas le même arbitre.
Elle sert de témoin de non-régression du prompt, jamais de preuve de conformité.
Le correctif : mesurer ce qui a été dit, pas ce qui a été demandé
Le correctif ne réécrit pas la consigne, il mesure la parole. Une fonction déterministe lit la première prise de parole et y cherche les trois mentions réellement prononcées. Si l'une manque, l'agent est repris avant que l'appelant n'expose sa demande.
Ce que le filet vérifie, au premier tour, et une seule fois
- Une seule reprise : un filet qui insiste devient la panne suivante.
- Sept langues, chacune avec ses propres mots attendus.
- Le cas normal se journalise aussi, sinon on ignore à quelle fréquence le modèle omet.
- L'échec du rattrapage est écrit au journal, jamais avalé.
16 contrôles automatiques tiennent ce filet, rejoués le 9 septembre 2026 : 16 verts. L'un exige que la phrase du 4 septembre ne passe pas.
Un appel de contrôle du 4 septembre 2026 a donné les trois mentions dès la première phrase, premier audio à 1 155 ms.
L'erreur symétrique : annoncer un enregistrement qui n'existe pas
L'erreur symétrique est aussi grave, et personne n'en parle : annoncer un traitement qui n'a pas lieu. La voix de notre site déclarait « cet échange est enregistré » alors qu'elle n'enregistre rien. Aucun audio ne quitte le navigateur.
La cause tenait en une ligne. Une consigne conditionnelle, écrite pour le téléphone, était recollée aux surfaces web.
Le modèle la lisait comme un ordre.
Ce que vous conservez se lit dans la page des données collectées et dans le contrat de sous-traitance, jamais dans ce que l'agent raconte.
Le défaut qui ne se voit pas : conforme au dépôt, absent de la production
Le défaut le plus coûteux de la série n'a produit aucun symptôme. Un module de conformité, la consigne sur les données sensibles, était dans notre code depuis le 5 septembre 2026 et absent du serveur où l'agent décroche.
Notre contrôle avant mise en production le cherchait dans le dépôt, pas dans le fichier servi.
Il est resté vert trois jours sur une conformité qui n'existait pas.
Découvert le 8 septembre 2026, au premier déploiement outillé de l'agent.
Ce contrôle interroge désormais la machine qui exécute l'agent.
Le signal de santé de la ligne avait le même vice : il répondait « OK » en dur. Un agent enregistré mais bloqué répondait exactement comme un agent sain.
La question qui tranche tient en une phrase : que verrais-je exactement si c'était cassé ?
Si la réponse est « la même chose », le contrôle est décoratif.
Ce que vous pouvez vérifier vous-même en dix minutes sur votre propre agent
La seule méthode qui tranche est de lui parler. Appelez votre numéro, ou ouvrez votre chat, trois fois à des heures différentes. Ne relisez pas la configuration : elle vous a déjà menti.
- Trois essais, pas un — un défaut intermittent se cache derrière un essai unique.
- Notez la première phrase, avant votre première question : c'est le tour qui compte.
- Vérifiez que l'annonce est vraie — un enregistrement annoncé doit exister, et l'inverse aussi.
Sans agent à interroger, la démonstration de notre page d'accueil se parle en direct.
Les trois questions à poser à votre prestataire
- Où vit la mention : dans un message d'accueil modifiable, ou hors de portée ?
- Qu'est-ce qui la vérifie : un texte relu, ou une mesure de ce qui a été prononcé ?
- Que lit son contrôle : son propre code, ou le serveur qui répond à vos clients ?
Six autres, côté RGPD, sont posées dans les points à contrôler avant d'installer un agent conversationnel : les deux obligations se cumulent.
Ce qui n'est pas couvert ici
Le marquage des contenus générés, les systèmes classés à haut risque et le régime des sanctions ne sont pas traités. Une seule chose l'est : faire prononcer une mention, et le prouver.
Les mesures portent sur nos propres agents, pas sur un panel du marché.
Nous ne disons rien des autres éditeurs : nous n'avons pas appelé leurs lignes.
Comment nous avons mesuré
- Protocole : appels réels sur notre numéro de production, agent en configuration normale.
- Dates : 4 septembre 2026 pour la panne et le contrôle, 8 septembre pour le défaut de production, 9 septembre pour le rejeu.
- Essais : un appel pour le constat, plusieurs le même jour pour l'intermittence, trois conservés au journal.
- Lecture : la transcription horodatée écrite par l'agent, pas un souvenir d'écoute.
- Incertitude : trois appels ne font pas une mesure de latence, et la variation du modèle n'est pas isolée.
Questions fréquentes
Suffit-il d'écrire la mention dans le prompt de mon agent ?
Non. Le prompt exprime une intention, et la première phrase est souvent dictée par un autre message : le modèle arbitre. Le 4 septembre 2026, le nôtre a préféré l'accueil commercial. Ce qui tient l'obligation est une mesure de ce qui est prononcé.
Mon chat écrit doit-il l'annoncer à chaque conversation ?
Une mention permanente au-dessus de la conversation porte l'essentiel, puisque le visiteur l'a sous les yeux en continu. La phrase d'ouverture s'y ajoute, elle ne la remplace pas. Vérifiez surtout qu'elle ne dépend pas d'un texte d'accueil modifiable.
Que se passe-t-il si l'appelant refuse l'enregistrement ?
Notre agent explique une fois pourquoi l'appel est enregistré, précise qu'il est conservé 30 jours puis effacé, et demande si cela convient. Si le refus tient, il n'insiste pas : il s'excuse, explique qu'il ne peut pas poursuivre par téléphone, et propose le formulaire du site. Un droit d'opposition qui se négocie deux fois n'en est plus un.
Peut-on désactiver l'annonce pour qu'une démonstration sonne mieux ?
Sur un compte client, non. La valeur est refusée à l'écriture et ramenée à l'annonce complète à la lecture, pour que la conformité ne dépende pas de l'écran qui l'écrit. Aucun régime ne permet à l'agent de nier être une IA.
Comment savoir si mon prestataire a déployé son correctif ?
Demandez-lui ce que son contrôle lit. S'il lit son propre code, il ne prouve rien sur le serveur qui vous répond : le nôtre est resté vert trois jours sur un module absent de la production. Un contrôle utile interroge la machine qui décroche.
Cet article n'est pas un conseil juridique. Il décrit ce que nous avons mesuré sur nos propres agents ; pour la qualification de votre situation, adressez-vous à un avocat.